Moins touchée que les autres pays d’Europe et que le Japon, en raison d’une fécondité plus dynamique, la France connaît néanmoins un vieillissement sensible de sa population. Les chiffres viennent confirmer cette évolution. Ainsi, notre pays comptera 73,6 millions d’habitants en 2060, soit 11,8 millions de nouveaux habitants. Parmi eux, les plus de 60 ans représenteront à eux seuls 10,4 millions, passant de 21% de la population totale aujourd’hui à presqu’un tiers. Plus encore, les plus de 75 ans, qui étaient 5,2 millions en 2007 (soit 8,9% de la population), seront alors 11,9 millions dans un demi-siècle (soit 16,2% de la population). Les 85 ans et plus, quant à eux, passeront de 1,3 à 5,4 millions, ce qui signifie qu’ils seront quatre fois plus nombreux qu’aujourd’hui.
L’augmentation de l’espérance de vie à la naissance et, de plus en plus, aux âges élevés est au cœur de ces évolutions. En effet, notamment grâce à l’amélioration des conditions de vie, à la protection sociale et aux progrès de la médecine, les hommes vivaient en moyenne jusqu’à 77,6 ans et les femmes jusqu’à, 84,4 ans en 2008. En 2060, ils atteindront respectivement en moyenne 86 et 91,1 ans.
Silencieuse, cette révolution n’en est pas moins structurelle. Elle bouleverse en effet le parcours de vie de chacun, la succession des âges de la vie, leurs rôles dans la société, les valeurs culturelles qui leurs sont associées et la place à accorder au vieillissement. C’est donc à n’en pas douter l’un des enjeux majeurs de ce nouveau siècle, parce qu’il transforme en profondeur l’organisation de notre société.
Naturellement, notre système social est concerné au premier chef. En effet, dans un contexte de globalisation de l’économie mondiale, comment assurer le financement des retraites, des dépenses de santé et de la prise en charge de la dépendance, sans alourdir la charge des transferts financiers sur les actifs et les entreprises, et sans se lancer dans un endettement risqué ?
C‘est une question qui interroge notre pacte social, fondé sur la solidarité entre nos concitoyens, actifs et inactifs, jeunes et moins jeunes. C’est aussi, dans le contexte actuel de crise liée à l’endettement public, une préoccupation essentielle pour tous les pays développés, en particulier ceux de l’Europe. Sur tous ces fronts, le Gouvernement est mobilisé afin de garantir la pérennité de notre système social, sans compromettre notre compétitivité et l’avenir des jeunes générations.
Cependant, ne confondons pas les termes : le vieillissement n’est pas nécessairement synonyme de maladie ni de dépendance, y compris au grand âge. Ne vieillissons-nous pas de mieux en mieux, c’est-à-dire en restant plus longtemps en bonne santé ? Aujourd’hui, la perte d’autonomie recule vers les âges les plus élevés. Et désormais, l’optimisation du bien être physique, mental et social de nos aînés est la clef de la préservation de leur autonomie et de la qualité de leur vie.
Cette dernière passe notamment par :
La pratique d’une activité physique et sportive est un très bon exemple de moyen contribuant à la réussite d’un tel challenge. Elle améliore la santé et la qualité de vie, peut être accessible à tous nos aînés même s’ils sont en perte d’autonomie, et consolide les liens entre générations ainsi que la solidarité intergénérationnelle.
De nos jours, les aînés sont un groupe social qui compte. En effet, ils participent ainsi à notre économie, à la création de l’emploi et au dynamisme de nos territoires. De la même manière, il n’est plus besoin de démontrer leur rôle pivot dans le jeu des solidarités familiales, notamment dans l’accompagnement d’un parent âgé en perte d’autonomie et dans l’aide aux enfants et petits-enfants. Enfin, ils prennent une part particulièrement active dans l’animation de la vie associative et civique.
Alors, il est temps de changer le regard que collectivement nous portons sur le vieillissement et de reconnaître que les aînés sont d’abord une force et une chance pour notre pays, comme pour l’Europe. La responsabilité des pouvoirs publics, mais aussi de tous les acteurs de la société civile, est de permettre au plus grand nombre de personnes de bénéficier d’une avancée en âge harmonieuse.
C’est le message fort de cette année européenne. Ensemble, saisissons cette belle occasion pour agir et valoriser les initiatives innovantes en faveur du « vieillissement actif » et des « solidarités entre les générations ».