8 mars 2011
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Un ensemble de manques qui pourraient être paliés

Jacqueline R. - 58 ans - Rhône Alpes

Il y a quelques semaines, ma belle-mère est décédée. 97 ans, un âge avancé, d’autant qu’elle habitait toujours dans sa maison, avec l’aide de ses enfants pour l’entretien extérieur courant. Veuve depuis 7 ans…. depuis plusieurs années cette femme vivait dans un état de semi-dépendance constant, et constaté par l’entourage…

Pour nous, famille, première difficulté : comment connaître l’état de dépendance de notre mamie à son niveau précis ? La santé était excellente pour son âge (juste une petite pillule pour sa tension) mais au niveau mental, mémoire surtout, c’était autre chose ! Mémoire immédiate nulle, parfois des hallucinations, parfois, elle hésitait pour nous reconnaitre,ou alors, elle attendait avec son petit sac, dans sa cour, que sa soeur (décédée depuis 5 ans) vienne la chercher pour la conduire en Italie, son pays d’origine… Elle ne percevait plus les dangers.. (par exemple : nous avons trouvé une bouteille d’acétone dans le réfrigérateur, à la place du lait !). Bien sûr, nous avons contacté à plusieurs reprise son médecin traitant pour lui demander conseil… A part une pression amicale sur le bras de la mamie, rien ! Selon lui, elle se portait toujours bien "pour son âge" !

Questions au CLIC : il faut, avant toute action, passer par le médecin traitant !

Dossier APA, toujours avec le même médecin traitant : aucune réponse valable au questionnaire de santé ! Ne venant la visiter qu’une fois tous les trois mois, puisque sa santé ne nécessitait pas davantage, ce médecin ne connaissait pas sa patiente…

Au passage de l’assistante sociale pour l’évaluation du degré de GIR, c’est le fils, présent, qui a formulé les réponses : pas facile de reconnaitre que sa mère perd peu à peu ses facultés.. La pauvre femme était bien incapable de dire autre chose que sa date de naissance, mais, ce jour là, elle a mit un point d’honneur à répondre à une ou deux questions supplémentaires ! Et personne pour réagir que cette personne, très âgée, n’était plus en mesure d’assumer ce mode de vie ! Ce n’est que mourante qu’elle a été conduite en maison de retraite où elle est décédée 10 jours plus tard, après que sa famille l’ait veillée jour et nuit pendant un mois et demi, et un passage à l’hôpital (insuffisance cardiaque avancée) d’où elle est sortie en deux jours parce que le médecin gériatre a déterminé que le reste était du domaine du nursing ! Après avoir avancé qu’elle souffrait d’un "Alzeimer avancé", il a ensuite reculé… Comment s’y retrouver devant autant d’incohérences ?

Mais qui a entendu la souffrance de cette femme parce qu’elle perdait peu à peu ses repaires ?

  • Pourquoi le médecin a-t-il négligé d’orienter la famille vers un neurologue qui aurait pu être un conseiller précieux, en invoquant le grand âge ? (le grand-âge n’a pas toujours été !)
  • Il nous a été impossible d’obtenir l’aide d’un service infirmier pour la toilette ou les petits bobos quotidiens (seules les urgences ont été assurées dans ce domaine). Raison invoqué : manque de temps et de personnel.

Je peux vous dire, en fait, que rien n’a été accordé dans les aides que nous, famille, nous avons pu solliciter…. Alors quand je vois que je risque de vivre plus longtemps, j’avoue que je n’en ai pas envie ! Nous habitons la province, et le manque de personnel est flagrant, quelque soit le niveau de la demande.

Pour résumer, je pense qu’il est urgent de considérer le problème de la vieillesse avant celui de la dépendance : prévenir pour ne pas être obligé de faire face à une situation d’urgence que l’on aurait pu éviter !

  • Veiller à ne pas laisser s’installer une solitude dévastatrice, souvent signe de dépression.
  • Evaluer correctement les besoins de la personne âgée à sa demande ou à celle de la famille (se faire aider dans les évaluations par les aidants ou la famille qui la côtoient régulièrement). Renouveler l’évaluation plusieurs fois, afin de créer une relation de confiance..
  • Il faut créer des emplois avec du personnel spécifiquement formé, voire performant.
  • Aider à la mise en place de "familles d’accueil" pour ceux qui acceptent de quitter leur domicile et qui sont encore aptes à s’auto-diriger (Alzheimer chez un particulier, devient vite ingérable !)
  • Favoriser l’implantation de petites structures de quartier, d’une vingtaine de lits au maximum, pour les personnes âgées plus dépendantes qui ne souhaitent pas quitter trop vite leur lieu de vie, Et enfin la prise en charge définitive en maison de retraite, quand il n’existe plus d’autre solution..
  • Revoir la prise en charge financière qui devrait être plus significative ! Quand on pense qu’un grand nombre de personnes vivent avec 700 euros de retraite, comment peuvent-ils financer une structure dont le coût mensuel moyen est de 1500 à 2000 euros ?

Ce n’est qu’un modeste témoignage d’un vécu douloureux que j’ai ressenti comme injuste envers une famille particulièrement présente et active qui s’est épuisée à faire face à cette situation résultant de manques qui pourraient être évités.

Sur ce thème
Sites utiles
  • Alma FranceAllo maltraitance pour les personnes âgées
  • ASH - Actualités sociales hebdomadairesASH la revue de l’action sociale en ligne : derniers flashs de l’actualité sociale, toute l’information dont a besoin un étudiant s’orientant vers un métier social, les dirigeants d’associations sociales, établissements sanitaires et sociaux…
  • association des grands-parrains et petits filleulsL’association, à vocation nationale, " GRANDS-PARRAINS " (loi de 1901) se propose de créer une relation affective et, si possible, durable entre des enfants et des personnes, en général retraitées, disposées à se comporter à leur égard comme le feraient les grands-parents qui leur font défaut.