1er juin 2011
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Le sentiment des aidants familiaux d’être délaissé par la collectivité

Marie-Edith B. - 54 ans - Fonctionnaire territorial en Champagne Ardenne

Témoignage

Ma mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer, est entrée en maison de retraite dans les Ardennes. Depuis le décès de mon frère en février dernier (âgé de 47 ans, après un divorce, l’état de ma mère a contribué à "l’achever"), je me retrouve seule (avec mon mari) à assumer la solidarité familiale, les fils de mon frère étant âgés de 20 et 17 ans.

Il existe manifestement un problème dans le calcul du coût de l’hébergement et des soins des personnes âgées. La situation pécuniaire des personnes, placées en maison de retraite avec de faibles revenus (1000 € dont vous vous contentez lorsque vous vivez chez vous, cultivez votre jardin, en toute indépendance, arrivant à mettre environ 50 euros par mois de côté une fois tout payé)aboutit à une confiscation totale des ressources et ne laissant pas d’autre choix aux familles de prendre à leur compte outre la partie obligation alimentaire, les autres dépenses d’entretien (coiffeur, pédicure,dépenses médicales hors parcours de santé et dépassements divers, etc.), l’habillement,les assurances, mutuelles). En un an, le coût d’hébergement a déjà progressé d’environ 100 euros par mois sans que les retraites n’aient été augmentées.Bien que mon mari et mois soyons garantis pour les "accidents de la vie", ce genre de "tuile" n’est pas pris en compte. Estimons nous heureux, les parents de mon mari encore vivants tous les deux ne nous demandent rien. Outre la douleur de constater la dégradation de l’état de votre parent, cela constitue un véritable fardeau car nous sommes mal dans notre vie. A une époque où nos revenus n’augmentent plus, nous vivons dans le stress et la parcimonie alors que nous avons un fils de 30 ans qui aurait aussi besoin d’être aidé.

Pour en avoir discuté avec des familles, nous partageons ce ressenti d’être un peu délaissés par la collectivité, à un moment où toute aide, même symbolique, serait appréciable.N’oublions pas que nos parents on été les acteurs de la vie économique du pays par leur travail, les impôts qu’ils ont acquittés. Nous en sommes la continuité parce qu’ils ont fondé des familles, en nous créant avec des bras, ce qui est tout de même pratique pour signer les chèques.

Sur ce thème
Sites utiles
  • Alma FranceAllo maltraitance pour les personnes âgées
  • ASH - Actualités sociales hebdomadairesASH la revue de l’action sociale en ligne : derniers flashs de l’actualité sociale, toute l’information dont a besoin un étudiant s’orientant vers un métier social, les dirigeants d’associations sociales, établissements sanitaires et sociaux…
  • association des grands-parrains et petits filleulsL’association, à vocation nationale, " GRANDS-PARRAINS " (loi de 1901) se propose de créer une relation affective et, si possible, durable entre des enfants et des personnes, en général retraitées, disposées à se comporter à leur égard comme le feraient les grands-parents qui leur font défaut.