26 septembre 2011
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Séance du 25 novembre 2010

"L’expérimentation sociale : Évaluer scientifiquement un dispositif innovant en vue de sa généralisation"

Les études randomisées appliquées au domaine social ont été présentées ces dernières années comme permettant une mesure objective de la pertinence et de l’efficacité des dispositifs innovants dans le domaine social. Les avantages attendus de l’expérimentation sociale sont bien identifiés : évaluer précisément la “valeur ajoutée” d’un dispositif innovant par la comparaison d’un groupe bénéficiaire et d’un groupe témoin ; analyser les différentes variables de ce dispositif compte tenu des caractéristiques de la population ciblée et des effets induits ; démontrer et mettre en valeur l’utilité sociale d’une mesure nouvelle. Avec pour conséquences plus indirectes d’établir une relation entre les acteurs de terrain et le monde de la recherche pouvant faciliter une posture plus réflexive des professionnels vis-à-vis des interventions (prise de distance avec la stricte fonction de mise en œuvre).

Plusieurs réserves sont toutefois émises à l’égard du recours à la méthode expérimentale. Alors qu’elle nécessite de faire collaborer acteurs de terrain et chercheurs afin d’obtenir une situation “viable” d’évaluation, le degré de collaboration semble fluctuer, suivant le degré préalable de sensibilisation à la recherche des acteurs du secteur social, d’adhésion au projet ou dès lors que l’expérimentation sociale peut apparaître contrevenir au principe d’égalité au cœur de la tradition républicaine française.

La validation méthodologique et les dispositifs d’évaluation associés à l’expérimentation sont également exigeants en moyens (coûts supplémentaires) et en temps (de conception puis d’analyse des résultats). Les efforts ainsi consacrés peuvent parfois être jugés disproportionnés en regard de ceux investis dans les interventions. Enfin, l’essor de l’expérimentation sociale est parfois jugé déstabilisant par les professionnels, qui pointent un risque supplémentaire de défaut de continuité ou de cohérence des dispositifs.

Qu’apporte réellement l’expérimentation au champ social ? Dans quelles situations et à quelles conditions peut-elle être mise en œuvre ? Quand les résultats d’une expérimentation permettent-ils d’envisager sa généralisation ? A quelles conditions de faisabilité ?